|
Lancer en même temps dans le bain de
la coupe de France les cadets, les juniors et les espoirs masculins ,
c'est un challenge que bien peu de clubs peuvent se permettre. Le
Goëlo a tenté le pari, un pari jouable mais c'était sans compter
sur madame la poisse.
C'est une cascade de blessures diverses
et variées qui tombent sur les équipes du club depuis quelques
mois. Pour les juniors, comme le disait l'article de Ouest-France
vendredi, malgré les blessures de Yohann Saliou et d'Alexandre
Chestier, l'équipe va se serrer les coudes. L'effectif n'est pas
pléthorique, et c'est avec six joueurs valides que nos juniors vont
se déplacer à Vannes pour ce troisième tour de la Coupe de France.
Mais samedi soir catastrophe, Antoine Patierno, notre capitaine, est
à l'hopital.... Un instant envisagé le forfait n'est pas le truc du
club, tout au moins sans avoir tout essayé. Du coup c'est avec
Alexandre bien que blessé que nous allons faire ce déplacement
périlleux. Affronter les juniors de Vannes qui évoluent en N3 et
Prénationale ainsi que le Plessis Robinson dont deux joueurs
« flirtent » avec le groupe Pro, si on ajoute que Kévin
Chapelet s'est retourné les doigts sur un block en début de
semaine, cela s'annonce compliqué.
C'est donc sans pression que
l'ambulance jaune et bleue a entamé le combat contre nos voisins
vannetais.
Les gars sont bien dans leur match, le
sentiment de ne rien avoir à perdre semble les libérer. Thomas
Lanotte prend les choses en mains, il va nous livrer deux matchs tout
bonnement exceptionnels. Avec l'enthousiasme de Kévin, la qualité
de réception de Thomas Francillette met dans un fauteuil Tommy
Halleybonne qui distribue tant sur Thomas que sur Maxime Chubilleau
des passes exploitées en autant de missiles qui s'abattent sur nos
malheureux adversaires. Alexandre lui piaffe d'impatience de frapper
le ballon, mais les consignes sont claires, pas de risque et c'est
alors qu'il apprend que l'on peut aussi jouer au volley sans taper
comme une marmule : le jeu avec le block adverse est un art, et ça
marche. Mais les gars de Vannes ne sont pas des lapins de six
semaines, ils s'accrochent tant et si bien que l'on bat des records
de durée. Enfin à 35/34 une faute adverse nous libère...ouf 36/34
un set pour nous qui l'eut cru ?
Le deuxième set bien qu'acharné
revient logiquement à nos hôtes 22/25. Le Tie-break ne commence pas
au mieux, nous faisons la course derrière, mais avec l'enthousiasme
on revient. Après le changement de coté on retrouve un Thomas
Lanotte au four et au moulin, pas possible, il va éclater.. Mais
non, sans faire de faute on conclue le tie-break 15/9
Une victoire, magnifique, mais
l'expérience a déjà montré que ce n'est pas forcement le score
parfait, il va falloir battre Le Plessis.
« On aurait dû vous bouffer
vingt fois » me lance un supporter vannetais...Ben oui, mais en
une fois ce sont les blancs du Vannes volley qui sont dans l'estomac
briochin.
Le deuxième match commence sur les
chapeaux de roues, nos adversaires parisiens ont encore le voyage
dans les jambes. Ils arrossent en attaque et souffrent sur nos
services. Heureusement que nous avions pris de l'avance, Maxime sent
un début de migraine, il faut se concentrer sur le jeu, comme dirait
notre coach de Pro B « Tant que l'os ne sort pas il n'y a pas
lieu de s'arrêter » (méthode balkanique). Le Plessis revient
mais trop tard, le premier set est pour nous 25/22. Et qu'il est
important ce set dans le décompte final, mais pour éviter toutes
surprises il faut absolument gagner le match.
Les parisiens sont maintenant dans leur
match, et coté briochin ça commence à fatiguer. Nous sommes
derrière. D'un coup, je vois arriver Maxime sur un pied, tel médor
qui se serait pris la patte dans un piège à loup. « Je peux
plus Eric, je peux plus » Bon, temps mort monsieur l'arbitre,
claquage ? Non, crampe...ouf. Vu l'effectif, je suis obligé de me
rappeler que j'ai été infirmier militaire. En faisant un peu durer
le temps mort (on est en Bretagne tout de même), Maxime reprend le
jeu sur un pied. Ménagé sur deux ballons par Tommy, il appelle le
troisième. Nos adversaires ne prennent pas la peine d'aller blocker
et Maxime leur envoie une mine qui fait un cratère dans la salle
devant les yeux écarquillés des joueurs et des entraineurs adverses
ainsi que des arbitres. Ils ne savaient pas que l'infirmier
militaire, c'est le seul avec le marabout qui peut faire marcher les
morts « Je vais fairrre soorrrtirrr le diable qui est dans ta
jammmbbbe » (en africain dans le texte).
Mais, le retard pris ne se rattrape pas
et le deuxième set file dans l'escarcelle parisienne 19/25.
Le tie-break encore une fois ne
commence pas au mieux, et nous faisons la course derrière. Au
changement de côté nous reprenons du poil de la bête et Maxime se
hausse au niveau de Thomas Lanotte, poste 4, poste 3, poste 2 : ça
mitraille...il se tourne alors vers moi et me lance « Ca me
fait encore un peu mal au mollet.... » Ben voyons...
A 12/13 l'arbitre nous invente un
doublé imaginaire....catastrophe. Ca discute, ça s'énerve et ce
que je craignais arrive avec en l'espèce une récep foirée. 12/15
match perdu.
Quelle frustration, après tant
d'efforts...mais c'est le jeu (ma pauvre Lucette) et l'arbitre n'est
pas infaillible.
Il nous reste plus qu'à attendre le
dernier match pour connaître nôtre sort. Victoire du Plessis 2/0 ou
2/1 nous sommes qualifiés, victoire de Vannes 2/0 nous sommes
qualifiés et victoire 2/1, il faut sortir les calculettes, mais un
rapide calcul me montre que nous sommes éliminés.
Vannes remporte le premier set 25/22.
Plus que jamais supporter breton nous sommes avec les vannetais, mais
le Plessis se bat et je vois la mère la poisse arriver avec son
cabat, à un set partout ça va être la cata. Le portable sonne,
c'est le président « Alors, t'en es où ? » Ben je suis
en train de regarder un match de foot sur le terrain à coté, parce
que moi 25/22, c'est pas le score du set, mais ce sont les chiffres
de ma tension artérielle. Retour dans la salle 22/20 pour
Vannes...ooouuuaaaaiss. 23/23... merde, si les parisiens gagnent ce
set on va être obligé de les supporter. 24/23 pour Vannes
et.......25/23..........ooouuuffff. On a réussi à ce qui ressemble
fort à un petit exploit.
Les joueurs parisiens n'ont pas tous
compris qu'ils viennent d'être éliminés, c'est l'effondrement. Nos
amis vannetais sont heureux, nous nous sommes soulagés.
Il sera temps de voir pour la suite,
aujourd'hui le groupe a été formidable... Bravo à Thomas Lanotte,
Maxime Chubilleau, Thomas Francillette, Tommy haleybonne, Kévin
Chapelet et Alexandre Chestier.
Antoine PATIERNO a été opéré dimanche matin et on espère
le voir le plus tôt possible sur un parquet. Courage, nous sommes
avec toi.
|