Phase finale espoirs masculins à Lievin
Écrit par Eric CHESTIER   
Du 18 au 20 mai 2013 s'est déroulée la phase finale de la coupe de France espoirs. Prévue un peu plus tôt dans le calendrier elle a été décalée pour permettre aux internationaux de l'équipe de France juniors de participer.
Si cela n'a pas été de tout repos pour les organisateurs, le niveau déployé pendant cette compétition montre qu'il aurait été dommage de se passer d'eux. L'occasion donc de les féliciter pour leur qualification pour le prochain mondial en Turquie et parmi eux notre libéro Quentin Richard.

Retourner au pays des « boyaux rouges » (prononcez « rouches ») est toujours un plaisir, l'accueil des gens du nord n'est plus à démontrer, une fois de plus nous avons été gatés par leur gentillesse, leur amabilité et leur disponibilité. Plaisir de départ d'autant plus grand que nous avons évité les départs matinaux du championnat de N2, c'est ainsi que c'est vers midi que nous avons pris la direction du « Ch'nord ».

Arrivés à Lievin vers 19h00, nous prenons possession de notre hôtel. Il s'agit d'un hôtel F1 placé en centre ville, l'organisateur s'excusera de nous recevoir dans un hôtel « bas de gamme », mais le déplacement de dates l'avait obligé à revoir sa copie en urgence car l'hébergement prévu à l'origine n'était plus disponible. L'avantage c'est que toutes les équipes sont logées là et qu'il est à proximité des gymnases concernés par la compétition. L'inconvénient, c'est que lorsque l'on éternue vingt personnes répondent « A tes souhaits ». Ne nous voilons pas la face, il faut quand même s'organiser, car avec quelques douches communes, pour les joueurs c'est douches aux gymnases obligatoire. Pour le petit déjeuner, c'est l'organisation militaire qui prime. Faire manger huit équipes pratiquement en même temps dans un local de dix personnes c'est chaud. Un quart d'heure par équipe et pas plus « Attention pour manger...manger ». L'expérience a montré la surprenante discipline de nos volleyeurs puisque tout s'est parfaitement déroulé. Au niveau des toilettes, c'est là que j'ai un temps regretté de ne pas me retrouver dans la phase finale espoirs féminines. Une centaine de mecs pour quelques toilettes, c'est aussi du sport et si nos gars sont habiles et précis avec leurs mains, c'est visiblement pas le cas avec tous les organes. Bref, nous ne sommes pas des footballeurs, nous avons conscience des rudesses de la vie.

Coté sport, nos ambitions pourraient se résumer à celles de monsieur de Coubertin, mais sa maxime étant souvent celles des perdants, notre coté compétiteur nous fait voir plus haut. Pas facile, et ce n'est pas l'absence de notre pointu tahitien qui simplifie les choses.

Pour le premier match contre Toulouse le réveil est difficile. On sait que les grosses équipes sont parfois prenables en début de compétion et l'heure inhabituelle du match pouvait nous permettre d'espérer. Malheureusement notre démarrage poussif ne mettra jamais en difficulté les Rossard, Clévenot et autre Gomez, 2/0 (25/17 et 25/21). Malgré du mieux dans le 2ème set, ce non match a le don de remonter Simon Ramard, en capitaine il remobilise les troupes, coach Yann aussi d'ailleurs. Preuve du changement, les gars se sont laissé aller a quelques exentricités capillaires dont Yoann Saliou mérite incontestablement le premier prix. Faut dire que nos gars s'étaient mis en tête de se laisser pousser la barbe pour l'occasion. Constat est bien d'avouer que le résultat n'était pas toujours le même et que pour certains le terreau n'était pas encore très fertil. Pour ce qui me concerne, capillaire rime avec culinaire, à partir d'un moment on parle de poivre et de sel, et malheureusement je suis forcé d'admettre qu'il y de plus en plus de sel et de moins en moins de poivre. Pour Yann, c'est simple, je ne le quitte pas d'une semelle en dehors des gymnases, j'ai peur qu'il croise une patrouille de police et se retrouve en garde à vue.

Le deuxième match contre Nancy n'a rien a voir avec le premier. C'est une démonstration collective que les gars nous montre. Au plan individuel Robin Hutrel nous fait un show, service, récep, lucide sur ses attaques....rien à redire. De son coté Clément Eichelberger nous fait un sans faute à la pointe et Jonathan Fadier comme Yoann Salliou sont omniprésents au bloc. De son coté Baptiste Langlois fait des étincelles par son intelligence de jeu.Dans les tribunes les familles de Simon Ramard, Robin Hutrel, Baptiste Langlois ou encore Clément Eichelberger donne de la voix. Bien aidé par Habibi Maoulida, dit HB et « Tim » Le Cam, je tente de me mettre au diapason oubliant un instant mes douleurs dorsales. C'est pas que c'est fatiguant, mais ça donne soif. La pression mise sur les lorrains porte ses fruits et les frères Riblet ne peuvent que constater les dégats: 2/0 (25/23; 25/19). C'est la déception à Nancy, après leur victoire surprise contre le Paris Université Club, ils avait l'occasion d'assurer leur qualification en demi-finale: c'est raté.

Du coup après cette première journée les compteurs sont remis à zéro et ce sont de véritables quarts de final qui vont se dérouler le lendemain matin.

Après une nuit relativement courte, nous avons l'habitude de jouer le premier match et le dernier de la journée, nous attendons de pied ferme les parisiens d'Antoine Brizard.

Mais la marche est haute, le bloc adverse aussi comme l'avouera humblement Baptiste à la fin du match. A près un premier set perdu 25/18 les gars tentent de se reprendre dans le deuxième. Maxime Chubilleau remplace un Baptiste Langlois diminué physiquement. Une excellente rentrée ponctuée par un bloc sur Kévin Kaba, joli gaillard de 2m03. Mais face à des parisiens costauds, c'est compliqué et nous faisons la course derrière, finalement nous ne sommes pas si loin et on grignotte, on grignotte.

Dieu sait que j'aurai aimé une fois cette saison ne pas parler de l'arbitrage, peine perdue. Bien faible jusque là, il n'avait pour autant pas influer sur le jeu, mais alors que nous sommes à deux points derrière, sur un bloc out parisien l' arbitre donne une balle non franchie. Une erreur de jugement qui va nous destabiliser une fois de plus.Malgré tout une embellie soudaine se profile, à 16/22, les points s'enchainent: 17/22, 18/22, 19/22, le temps mort pris par le coach parisien n'y change rien, nous sommes partis pour un petit « hold up » sur ce set. Puis, sur un bloc de Yoan Saliou à proximité de la ligne du fond adverse qu'il juge bonne, l'arbitre la juge faute. Grosse colère de Yoann qui se dirige en courant les bras levés vers l'arbitre, il lui dit sont mécontentement et... se prend un carton jaune. Du coup, le match est plié et la qualif aussi: 20/25.

Au volley, on a le droit de parler, de courir, de lever les bras, mais pas les trois en même temps. Au final, peut-être que la balle était faute, peut-être que Yoann n'avait pas à se comporter comme cela, mais lorsque que l'on s'est fait « voler » tant de points dans toute une saison, il arrive que les gars pètent un cable lors de moments importants. Je plaide pour des arbitres qui ont le sens du jeu, qui s'humanisent pour que l'on puisse enfin leur pardonner des erreurs qui sont humaines. Qu'ils comprennent que dans certains moments ils n'ont pas le droit à l'erreur et qu'ils doivent être concentrés. Au bout d'un moment qu'est-ce qu'on en a à foutre que la bouteille d'eau soit du bon coté du banc, que les remplaçants n'aient pas un orteil qui dépasse de la zone ou qu'un sac soit par terre plutôt que sur une chaise si l'arbitre n'est pas capable de juger une balle. C'est un peu comme si un gendarme relevait un procès-verbal pour défaut d'éclairage au conducteur d'une voiture volée. Va falloir se cotiser pour acheter des cannes blanches et élargir les chaises pour y mettre les chiens.

Bref, si on peut être déçu de la tournure des évènements, quelque part la logique du résultat semble respectée.

Du coup, après le déjeuner, c'est un rapide lavage de maillots et comme il reste un peu de temps Yann et moi faisons une petite escapade culturelle d'une heure au « Louvre-lens » situé à moins de dix kilomètres. Si toutes les galeries ne sont pas ouvertes, l'entrée est gratuite jusqu'à la fin 2013. L'occasion de voir de splendides peintures de Nicolas Poussin, Rembrandt et la fameuse « liberté guidant la peuple » d'Eugène Delacroix. L'occasion aussi d'admirer les fabuleuses statues de discoboles grecs à la musculature de volleyeurs....Heuuu, le short en moins.

Dans le match de deuxième phase contre le Tourcoing de Matthieu Kreisz, les joueurs du Goëlo ne se sont pas démobilisés, l'arbitre lui a commencé par perdre ses cartons en montant sur la chaise, un bon signe pour nous peut-être... mais un spectateur lui a gentiment redonnés.

C'est un premier set équilibré et serré que nous avons remporté 25/23 malgré le soutien tourquenois de Romain Vadeleux venu voir son petit frère Yves. Le deuxième set est bien parti lorsque Yoann se blesse au niveau de la hanche, coach Yann fait entrer Baptiste à sa place et réorganise l'équipe. Baptiste l'homme a tout faire, libéro, recep-att et maintenant central... enfin sur une position puisque Clément délaisse son poste de pointu pour venir au centre. Malgré tout Tourcoing remporte le deuxième set 25/20. la blessure de Yoann n'étant visiblement pas trop grave, il tient à reprendre sa place, on va dire sur une jambe trois-quart. Le tie-break lui aussi est serré, une défense de Tourcoing qui frôle le plafond mais ne touche pas, une défense de St-Brieuc qui frôle le plafond mais le touche...15/13, c'est la différence.

Deuxième déception de la journée, mais moins intense que la première. Ah oui, j'oubliais, je n'ai pas parlé de l'arbitrage... il a été très bien, comme quoi on peut perdre de peu sans l'aide de l'arbitre...

A la sortie du gymnase je vois le minibus faire le tour du parking, je regarde Simon : « Il doit être téléguidé, je ne vois personne au volant », et Baptiste de répondre « Non, c'est Quentin, mais il n'a pas mis son coussin », pas croyable..;comme dirait Simon «  il arrive tout de même à toucher les pédales ».

Le lendemain, pour clôturer cette phase finale il ne nous restait qu'à ne pas finir dernier et résister à un desir de revanche des nancéens.

Pour Yoann, après avoir vu le kiné il était apte à monter au feu. Et c'est au complet que nous affrontons pour la deuxième fois Nancy.

Le démarrage à froid est encore une fois difficile. Derrière tout le long du set, nous nous inclinons 20/25. Dans le deuxième set, le démarrage est beaucoup plus rapide, et c'est sans trop de difficultés que nous le remportons 25/16. C'est ainsi que pour notre dernier match nous affrontons notre premier tie-break. Jeu très équilibré, mais l'entorse du pointu nancéen allait déstabiliser nos adversaires. L'arbitre en remettant une couche, cette fois à notre profit acheva nos valeureux adversaires. Ce qui poussa le coach nancéen à demander à l'arbitre si les règles du volley avaient changé sans qu'il soit au courant. 15/8 dans un tie-break peu glorieux qui nous place à la septième place du tournoi.

La finale se déroula entre les deux favoris de l'épreuve, Toulouse et le PUC qui vit la victoire des toulousains 3/0 dont le score sévère ne révèle pas la bonne résistance des parisiens, notamment dans les deux premiers sets.

Ah oui, l'arbitrage ? Si je n'en ai pas parlé c'est que c'était parfait, bravo à Michaël Berthelot de la ligue des Pays de Loire.

Notre remise des prix se déroula au son de « try martolod » avec des images des joueurs de l'équipe lors des différents matchs projetées sur écran....Très sympa. J'espère qu'ils mettront en ligne ces photos de nos volleyeurs bretons qui, à défaut d'être les meilleurs, sont quand même les plus beaux...c'est la photographe qui l'a dit (surtout le coach adjoint parait-il).

Si le vieux bénévole que je suis est dépité et un peu en colère de ne pas avoir vu, comme aux volleyades l' ombre d'un élu de la fédé (je trouve cela déplorable et irrespecteux, à snober ainsi les gens « d'en bas » nos chers dirigeants régneront bientôt sur un désert, celui du volley-ball français), il faut remercier et féliciter les organisateurs et les bénévoles du Volley club de Lievin ainsi que les poussins et poussines ramasseurs de balles.

Dans ce qui sera peut-être une des dernières éditions de la coupe de France dans cette catégorie je voudrais également remercier les familles de nos joueurs qui nous ont suivi et soutenu dans les différents tours de cette compétition.

Alors, Kénavo et vive le volley.



Dernière mise à jour : ( 23-05-2013 )